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Planter local ? Arbres et arbustes du Centre-Val de Loire

 

Une espèce "locale", appelée aussi "indigène", est une espèce qui pousse naturellement dans une zone géographique donnée, et qui est donc particulièrement adaptée aux conditions du milieu (sol, relief, climat...). Elle nécessite la plupart du temps moins d'entretien qu'une plante horticole : ses besoins en eau sont adaptés au climat local et elle peut souvent pousser sans engrais ni traitement.

Ces plantes ont aussi l'avantage d'apporter un refuge et une ressource alimentaire diversifiée et adaptée à la faune locale (petits mammifères, oiseaux et insectes pollinisateurs). Enfin, elles se fondent dans le paysage et contribuent à rétablir des corridors écologiques dans des zones agricoles ou urbanisées afin de connecter les milieux naturels entre eux.

Suite à ce constat, le Conseil régional du Centre-Val de Loire a souhaité pouvoir faire connaître les arbres et arbustes locaux aux professionnels et particuliers motivés par ce sujet. Grâce à son soutien, le CBNBP a publié en 2014 une "Notice pour le choix d'arbres et d'arbustes pour la végétalisation à vocation écologique et paysagère en région Centre-Val de Loire" (téléchargeable ici).

Cet outil, rédigé sous forme de rapport scientifique, a été repris dans le cadre de l'ORB, qui en propose ici une version simplifiée, didactique et illustrée. Il n'est bien sûr pas question de bannir toute espèce horticole des jardins et espaces verts, mais d'y réintroduire des espèces "naturelles" dont on a parfois oublié les multiples avantages.

Comment choisir une espèce ?

Où trouver des plants d'origine locale ?

Et les abres fruitiers ?

Pour en savoir plus

 


 

Comment choisir une espèce ?

En cliquant sur une entité naturelle de la carte ci-dessous, vous accéderez à la liste des espèces adaptées à la plantation pour ce territoire. Ces espèces sont :

  • indigènes (naturellement présentes sur le territoire) ;
  • communes et régulièrement présentes dans la région naturelle concernée.

Cette liste a été organisée selon 3 classes, en fonction de la hauteur des plantes : les arbrisseaux et lianes, les arbustes et les arbres. Pour chaque espèce, les utilisations possibles ont été reportées selon les 3 catégories suivantes, indiquées par des pictogrammes :

  • les espèces adaptées à la plantation de haies ;
  • les espèces adaptées au reboisement (petits bois, bosquets) ;
  • les espèces adaptées aux projets de réhabilitation de rives de cours d'eau, de mares ou d'étangs.

La liste précise également les caractéristiques principales de l'espèce, qui sont habituellement des critères de choix :

  • le type de feuillage : caduc (dont les feuilles tombent en automne), persistant (toujours verts) ou marcescent (dont les feuilles mortes restent accrochées aux branches pendant l'hiver, jusqu'à que les nouvelles les remplacent au printemps) ;
  • la période de floraison, ainsi que la couleur des fleurs si l'espèce présente un intérêt esthétique (indiquée par un pictogramme) ;
  • l'humidité du sol, selon un gradient allant des sols très secs aux sols marécageux ;
  • le pH du sol, selon un gradient allant des sols acides aux sols calcaires (sols basiques) ;
  • l'exposition optimale (ombre, mi-ombre ou pleine lumière).

Certains points d'intérêt ou de vigilance sont également détaillés pour chaque espèce :

  • leur intérêt pour la faune : espèce mellifère ou comestible ;
  • certaines maladies auxquelles elles peuvent être sujettes ;
  • leur potentiel allergène (plus ou moins fort) ;
  • leur toxicité pour l'Homme ;
  • leur usage potentiel (cuisine, vannerie, porte-greffe...).

Le principe général à retenir pour toute plantation est de varier les espèces afin de diversifier les sources de nourriture, la palette de couleurs (feuillage, fruits, fleurs), et de diminuer le risque potentiel d'allergie (le risque d'allergie est d'autant plus fort que la plante est abondante).

Cas particuliers

Les listes des vallées du Cher et de la Loire ont été créées spécifiquement pour les projets de réhabilitation de rives ou de plantation de ligneux dans le lit majeur. Les ligneux proposés dans ces listes ne peuvent pas être utilisés dans un autre contexte.

Dans le cas d'une plantation prévue à proximité de deux petites régions naturelles différentes, le choix devra se porter sur une des deux listes afin d'être en cohérence avec les conditions du lieu. Les limites des petites régions naturelles ont en effet été calquées sur les limites communales, ce qui ne reflète parfois pas totalement la réalité du terrain.

 

Cliquez sur une entité naturelle de la carte ci-dessous pour accéder à la liste des espèces adaptées à la plantation pour ce territoire.

Où trouver des plants d'origine locale ?

Dans certains cas, les espèces indigènes ne sont pas commercialisées, seules des variétés horticoles d'aspect semblable sont disponibles. Il faut donc bien veiller à l'exactitude du nom latin et pas seulement du nom français.

Ces variétés horticoles, sélectionnées pour leur esthétique, ont un patrimoine génétique différent. Elles sont souvent repérables à leur nom qui fait suite au nom latin de l'espèce.

Exemple : préférer Evonymus europaeus à Evonymus europaeus 'Red Cascade' ou Evonymus europaeus 'Albus'.

Une espèce peut également avoir plusieurs sous-espèces d'origines géographiques différentes. C'est le cas du Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) dont la sous-espèce australis provient d'Europe de l'Est et est invasive alors que Cornus sanguinea subsp. sanguinea est indigène en France.

Les plantes indigènes les mieux adaptées à un terrain seront celles qui y poussent naturellement. Il faudra donc préférer des plants cultivés localement à partir de graines récoltées dans la région ou à proximité à ceux importés d'autres pays. Les plants d'origine différente peuvent également être des vecteurs de maladies et infecter les espèces indigènes.

À l'heure actuelle, il est difficile de s'assurer de l'origine locale des plants vendus en Centre-Val de Loire. Il est nécessaire de se renseigner auprès des pépiniéristes proposant des espèces indigènes pour connaître la provenance des plants qu'ils proposent (locale ou non).

Le label "Flore locale", qui vient d'être créé par la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux, l'association Plante & cité et l'AFAC agroforesteries. Il garantit l'origine locale des plants qui en bénéficient. Ce label n'est pas encore très répandu mais il permet une plus grande transparence sur la provenance des plants vendus. En parallèle, une réflexion autour d'une filière de production d'arbres et arbustes locaux est en cours en Centre-Val de Loire.

 

Et les arbres fruitiers ?

Ils n'ont pas été intégrés aux listes proposées mais peuvent être intégrés aux projets de plantation. Il est conseillé de se renseigner auprès d'un verger conservatoire, garant de la rusticité des espèces. Le site des Croqueurs de pommes recense les associations locales qui militent pour la sauvegarde des variétés fruitières régionales en voie de disparition.

 

 

Pour en savoir plus :

Au fil des Séounes, 2011. Prise en compte du risque allergique dans la gestion des espaces verts. Guide de conseils de plantation d'arbres à destination des collectivités locales. Agence régionale de santé d'Aquitaine, 24 p.

Cornier T., Toussaint B., Duhamel F., Blondel C., Henry E. & Mora F., 2011. Guide pour l'utilisation d'arbres et d'arbustes pour la végétalisation à vocation écologique et paysagère en Région Nord-Pas de Calais - Centre régional de phytosociologie / Conservatoire botanique national de Bailleul, pour le Conseil régional Nord- Pas de Calais et la DREAL Nord-Pas de Calais, Bailleul, 48 p.

Dupré R., Boudier P., Delahaye P., Joly M., Cordier J. & Moret J., 2009. Atlas de la Flore sauvage du département de l'Eure-et-Loir. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 488 p.

Lachat B., 1994, réééd. 1999. Guide de protection des berges de cours d'eau en techniques végétales (en collaboration avec Ph. Adam, P.-A. Frossard, R. Marcaud). Ministère de l'Environnement, DIREN Rhônes-Alpes, Paris, 143 p.

Lambinion J., Delvosalle L., Duvigneaud J. & coll., 2004. Nouvelle Flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Prtéridophytes et Spermatophytes). Cinquième édtition. Éditions du Patrimoine du Jardin botanique national de Belgique, Maise, 1167 p.

Pujol D., Cordier J. & Moret J., 2008. Atlas de la Flore sauvage du département du Loiret. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 480 p.

Rameau J.-C., Mansion D., Dumé G., Timbal J., Lecointe A., Dupont P. & Keller R., 1989. Flore forestière française. Guide écologique illustré. Tome 1 : Plaines et collines, Institut pour le développement forestier, Paris, 1785 p.

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