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Les espèces invasives

 

Symptômes du réchauffement climatique, de l’intensification des échanges mondiaux et de nouveaux modes de consommation (élevage, vente, apport involontaire...), les espèces invasives trouvent dans nos espaces naturels des conditions propices à leur développement profitant souvent de l’absence de prédateurs connus dans les milieux hôtes.
Si les espèces invasives sont aujourd’hui médiatisées à cause des fortes pressions qu’elles exercent sur la biodiversité locale, leur impact va bien au delà des déséquilibres écologiques qu’elles peuvent engendrer.

1. C'est quoi une espèce invasive ?

Une espèce est dite "invasive" ou "exotique envahissante" lorsque, s’étant établie et se reproduisant naturellement dans un domaine géographique dont elle n’est pas originaire, elle devient un agent de perturbation et nuit à la diversité biologique. Ces « invasives » peuvent impacter les milieux naturels et être source de nuisance pour les activités humaines (qualité de l’eau, irrigation, agriculture, pêche…) ou la santé publique (allergies, toxicité, transmissions de maladies…).
Depuis que les populations humaines se déplacent et font des échanges, une grande quantité d’espèces végétales et animales ont été introduites en France, involontairement ou non. Entre le 16e et le 19e siècle, la découverte d’espèces ayant un intérêt alimentaire (maïs, tomate ou pomme de terre), mais aussi la réalisation d’essais et d’apports pour la culture, l’ornement, la médication, la chasse ,…ont entraîné involontairement l’introduction d’autres espèces. La multiplication des échanges internationaux, la transformation des paysages et les activités humaines en général, accentuent encore la dispersion des espèces et favorisent parfois leur prolifération. 
De nouvelles espèces sont aujourd’hui encore régulièrement introduites en France.

Heureusement, toutes ne deviennent pas des espèces invasives puisque les scientifiques estiment qu’une seule espèce introduite sur 1000 devient problématique (selon Williamson, 1996 – « The varying success of invaders »). Certaines espèces exotiques introduites n’apparaissent jamais hors des zones d’implantation, d’autres y parviennent mais disparaissent très vite. Un petit nombre s’adapte et certaines réussissent à étendre leur aire de répartition et parfois à proliférer.

Par exemple, pour la flore, parmi les 661 espèces introduites (de manière fortuite ou intentionnelle) recensées en région Centre-Val de Loire, seule une soixantaine d’espèces sont considérées comme invasives.
Pour la faune vertébrée (hors poissons), il a été noté la présence de six mammifères, cinq oiseaux et deux amphibiens « invasifs » ou potentiellement invasifs. Une attention particulière est également à porter sur d’autres espèces présentes en limite de la région . 

Certaines espèces débutent seulement leur « invasion » (espèces invasives émergentes) tandis que d'autres ont déjà révélé leur caractère envahissant (espèces invasives avérées). Les petites populations présentes en région Centre-Val de Loire peuvent servir de relai pour une implantation plus large. Le développement de certaines espèces invasives peut devenir incontrôlable. C’est pourquoi il est primordial de connaître leur emplacement sur la région et ses départements, de surveiller leur évolution et de pouvoir, s'il y a lieu, réagir rapidement, avant qu’elles ne provoquent des atteintes graves à la biodiversité locale.

2. Les plantes invasives en région Centre-Val de Loire

 

Description et hiérarchisation des espèces

Dans le cadre du groupe de travail « plantes invasives » (voir plus bas), le CBNBP a réalisé une liste hiérarchisée des espèces invasives dont l’objectif était d’identifier les différentes espèces problématiques en région Centre-Val de Loire et de les hiérarchiser en termes de priorité d’intervention : 

Zoom sur quelques espèces invasives avérées en extension dans les milieux naturels de la région, dont la gestion doit permettre le confinement sur les zones fortement envahies et l’éradication dans les secteurs aujourd’hui encore préservés ou faiblement envahis :

  1. Le Solidage du Canada
  2. La Berce du Caucase
  3. Les renouées invasives
  4. Les jussies invasives

Zoom sur une espèce invasive avérée dans les milieux naturels, sur l'ensemble du territoire de la région Centre-Val de Loire :

  1. Le Robinier faux-acacia

 

Un groupe de travail plantes invasives en région Centre-Val de Loire

A l’initiative de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, du Conseil régional et de la DREAL (Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement), un groupe de travail « plantes invasives » s'est constitué en 2005. Co-piloté par le Conservatoire d'espaces naturels Centre-Val de Loire (Cen Centre-Val de Loire) et le Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNBP), ce groupe a pour but de mutualiser les expériences des acteurs afin de mieux coordonner les actions de lutte contre ces espèces.

Pour en savoir plus, un site dédié aux activités du groupe de travail « plantes invasives » existe en région : http://www.cen-centrevaldeloire.org/la-nature-en-region-centre/les-especes-invasives

Ce groupe est financé par :

         

3. Les  animaux invasifs en région Centre-Val de Loire

 

Un groupe de travail "faune invasive" a été constitué en région en 2014. Divers programmes de coordination existent à l’échelle interrégionale ou nationale suivant les groupes visés.

L’ONCFS et la DREAL coordonnent à l’échelle du bassin de la Loire un travail sur les mammifères invasifs. L'ONCFS a rédigé un ouvrage collectif permettant de définir des priorités d’intervention, Sarat E. (coord.) 2012. Vertébrés exotiques envahissants du bassin de la Loire (hors poissons) : connaissances et expériences de gestion. Office national de la chasse et de la faune sauvage, Plan Loire Grandeur Nature, 128pp.

Zoom sur quelques espèces en liste noire sur lesquelles des actions de lutte doivent être poursuivies pour les éradiquer ou les confiner :

  1. La Bernache du Canada
  2. La Grenouille taureau
  3. Le Cerf sika

Pour quelques espèces de la liste d’alerte, quelques individus ont été relevés et leur éradication peut se faire à moindre coût :

  1. L'Ouette d'Egypte
  2. Le Raton laveur

Attention certaines espèces sont présentes dans les départements limitrophes à la région : c’est le cas du Xenope lisse (batracien), qui fait l’objet d’un plan de lutte spécifique.

Les différentes écrevisses exotiques sont présentes en région Centre-Val de Loire et ont des impacts directs sur la biodiversité, en concurrençant les écrevisses à pieds blancs, espèce protégée nationalement, mais aussi sur l’économie, avec des cas de destruction de berges, de fragilisation des bases des ouvrages hydrauliques, de perte de production piscicole dans les étangs.  Des expériences de gestion, comme la stérilisation ou le piégeage, sont en œuvre et recensées dans le guide des bonnes pratiques rédigé par le groupe de travail Invasion Biologique en Milieu Aquatique.

Enfin certaines petites bêtes exotiques peuvent également avoir de nombreux impacts. C’est notamment le cas des coccinelles asiatiques qui, introduites pour détruire les pucerons, tendent également à éliminer les coccinelles autochtones. Les substances qu’elles émettent modifient, en outre, le goût du vin si elles sont présentes sur le raisin pendant les vendanges.

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